Le droit à l'erreur

22 Feb 2015

Isabelle travaille dans une entreprise multinationale. Au fil des années, elle a évolué vers une position de manager de proximité. Elle a fait un parcours professionnel « sans faute » selon son expression, cependant, elle en est insatisfaite, elle sent que sa carrière stagne. Elle se demande d’où cela peut-il venir.

 

Elle fait appel à moi en tant que Coach en Management. Sa demande initiale est de l’aider à comprendre son insatisfaction, de penser à des moyens pour trouver la motivation et relancer sa carrière de façon plus dynamique.

 

Notre travail initial met en évidence qu’Isabelle a un driver élevé de « Sois parfait » (voir post Les drivers ou messages contraignants du 15 mai 2014). Elle éprouve des difficultés à se donner le droit à l’erreur. Elle prend conscience que sa carrière stagne parce que ses choix professionnels ont été conservateurs à l’extrême. Sa peur de l’échec a bridé son potentiel et elle a eu tendance à rester dans sa zone de confort.

 

Nous avons une pression sociale qui nous exige chaque fois plus de productivité et de performance. Le droit à l’erreur est pratiquement inexistant. Depuis l’école, on nous apprend que l’erreur est sanctionnée. Pourtant, l’erreur est un merveilleux outil de développement personnel et professionnel.  Chaque erreur est échelon de développement.

 

La peur de l’échec est un instinct normal. Le fait de l’intégrer est, dans une certaine mesure, souhaitable. Il nous fait évaluer les possibilités de réussite d’une action ainsi que le risque que l’on est prêt à assumer, selon les enjeux.

 

La peur de l’échec cesse d’être fonctionnelle quand elle devient une « allergie » à l’échec. L’échec est ainsi associé ainsi un sentiment général de honte, comme s’il nous définissait en tant que personnes.

 

Notre propre esprit est parfois responsable de généraliser certains échecs et de créer des croyances qui sont limitantes à notre propre développement, qui limitent notre capacité à prendre des risques et qui, progressivement, conditionnent notre comportement (voir post Les croyances limitantes du 6 juin 2014). L’esprit a tendance à confondre comportement et identité. On développe alors un réflexe de protection envers l’échec en évitant de nous exposer.

 

Pour surmonter ceci, nous devons commencer par nous permettre le droit à l’erreur. Ceci veut dire, nous donner l’opportunité de sortir de notre zone de confort, de prendre des risques pour développer notre vrai potentiel.

 

Lors de nos entretiens de coaching, nous avons travaillé pour permettre à Isabelle de prendre du recul par rapport à son driver et de traiter sa croyance limitante selon laquelle « le fait de se donner le droit à l’erreur entraîne le risque de tomber dans la médiocrité et le laxisme envers soi même ».  La prise de risque est nécessaire à notre apprentissage mais elle n’est pas envisageable si on ne se donne pas le droit à l’erreur.

 

Cela nous semble naturel quand nous apprenons à faire du vélo, … mais pas quand nous sommes confrontés à des choix à fort enjeu. Pourtant, c’est ainsi que notre cerveau fonctionne ! Notre cerveau intègre l’apprentissage par l’expérience. C’est ainsi que nous capitalisons et construisons sur nos talents.

 

Une fois qu’Isabelle a eu un autre regard, elle a fait des exercices dont le but était d’augmenter sa tolérance à l’échec. On s’expose à l’échec dans des situations à faible enjeu. Et on commence à ressentir le bienfait de cet apprentissage. Notre estime en est renforcée car nous ne considérons plus l’erreur comme nous définissant en tant que personnes.

 

Après huit séances de coaching, Isabelle a été capable d’avoir un autre regard sur sa vie professionnelle. Elle a « osé » faire le pas et prendre la tête d’un projet qui représentait un défi important pour elle. Elle a énormément appris et elle en est ressortie renforcée dans son estime de soi après cette expérience.

 

Oser faire des choses que nous n’avons jamais fait est un formidable facteur de développement. Mais cette prise de risque doit être possible. Nous devons envisager sereinement la possibilité de nous tromper. Apprenons à nous donner cette opportunité !

 

Ainsi que le disait l’écrivain Jack Canfield : «Ne t'inquiète pas de l'échec, inquiète-toi des chances que tu manques lorsque tu n'essaies même pas.»

 

 

 

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