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Histoire d'une souris - Webinaire Ateliers COURRAGE

il y a 12 minutes
4 min de lecture
Ateliers COURRAGE selon la méthodologie de Ncazelo Ncube
Ateliers COURRAGE - Paris et distantiel

Cette souris est entrée dans ma vie en une journée de printemps pendant la longue période de confinement de 2020. Je l’ai rencontrée entre les lignes d’un ouvrage de Servan-Schreiber[1] qui racontait son histoire. Elle avait fait l’objet d’une expérience terrifiante sur le cerveau : un choc électrique était administré à la petite bête juste après le retentissement d’une sonnerie. Au bout d’un moment, et tel que les expériences de Pavlov l’avaient démontré auparavant, la seule sonnerie provoquait en elle une réaction de peur extrême. Rien de bien nouveau, me direz-vous.

 

Et si on supprimait le choc électrique ? Au bout d’un certain nombre d’alertes sans choc électrique, la souris avait fini par comprendre que la sonnerie n’anticipait plus un danger imminent. Les chercheurs pouvaient faire retentir la sonnerie d’alarme autant de fois qu’ils le voulaient, rien à faire, notre souris restait zen. Ils en ont déduit que, grâce à l’expérience et l’apprentissage qui en découle, la souris avait appris à faire la part des choses et à dépasser les réflexes automatiques déclenchés par la sonnerie. C’est le cortex préfrontal, la partie plus évoluée du cerveau, qui permet cette capitalisation de l’apprentissage. Disparue la réaction d’alerte de notre petite souris.

 

Ces premières constations étaient intéressantes mais insuffisantes pour la curiosité insatiable de nos chercheurs. Que se passerait-il si on réussissait à inhiber le rôle du cortex préfrontal ? Afin répondre à cette question, ils ont inhibé le cortex préfrontal de notre petite souris. Et là, les chercheurs font une constatation inattendue : dépourvue du filtre du cortex préfrontal, au retentissement de la sonnerie, la petite souris était à nouveau prise de panique.

 

Sacrifiée à l’autel de la science, la souris leur a permis de comprendre une chose : l’expérience initiale, empreinte d’impuissance pour la souris confrontée au choc électrique, avait provoqué un traumatisme. La peur, associée à la sonnerie et au choc électrique, était inscrite dans son corps, au sein même du système d’alerte de son cerveau. Et ceci, indépendamment des apprentissages faits par le cortex préfrontal. Le traumatisme laissait une empreinte dans le système nerveux autonome.

 

Le déclenchement de la sonnerie, quelles que soient les circonstances, provoquaient les réactions corporelles et nerveuses associées à la panique. Tant que notre souris avait accès à toutes ses fonctions cérébrales, cette réaction ne se traduisait pas dans son comportement car le cerveau rationnel comprenait qu’il n’y aurait pas de choc électrique, que le danger n’était pas réel. Pourtant, la réaction du système nerveux était là dans tous les cas.

 

C’est moi qui ai senti un choc électrique en lisant ces lignes.

 

Soudain, je me suis reconnue dans notre petite souris. Tout d’un coup, c’était limpide, je le voyais comme une évidence. Cela était une révélation sur la façon dont je vivais le stress. Je revoyais ces moments de réactions de stress intense, déclenchés parfois par des incidents mineurs. Et je les voyais pour ce qu’ils étaient : des réactions physiologiques de panique. J’en suis très reconnaissante à cette petite souris qui m’a permis une prise conscience importante. Depuis, j’ai abondamment lu sur la trace que le traumatisme laisse dans le corps.[2]

 

La raison pour laquelle je rapporte cet épisode est qu’il me semble très illustrateur de la façon dont évoluent beaucoup de survivantes de la violence sexuelle faite aux enfants. Parfois, les effets de cette violence sont difficiles à identifier comme provenant de celle-ci, spécialement, si la personne a trouvé de la résilience dans un certain degré de minimisation de la gravité des faits et des conséquences de la violence sur sa vie. Je sais que cela a été mon cas pendant bien longtemps.

 

Pourtant, les effets des traumatismes sont bien présents dans la vie de la plupart des survivantes. La thérapeute Yvonne M. Dolan, indique que même les survivantes qui semblent avoir surmonté l’épreuve de la violence sexuelle, peuvent voir resurgir des effets liés à l’abus lorsque confrontées à des circonstances de stress.[3] Ces effets sont souvent internalisés, c’est-à-dire, compris par les survivantes comme inhérents à leur propre identité, et non comme des effets provoqués par l’épreuve vécue. Cela donne lieu à un sentiment d’auto-récrimination et, parfois, de mépris de soi.

 

Depuis, j’ai fait un chemin important. Plusieurs thérapies m’ont aidé à limiter les effets de la violence que j’ai vécue dans l’enfance. Je me suis aussi réapproprié mes droits narratifs en racontant cette histoire jusqu’alors tue par cette petite fille de cinq ans qui avait été réduite au silence. J’ai pris la parole en public, autant dans mon podcast, dans des ateliers et dans le livre en cours d’écriture sur l’accompagnement narratif des effets de la violence.

 

Dans ce cadre, je lance aujourd’hui une autre initiative narrative : les ateliers COURRAGE destinés aux femmes ayant affronté la violence sexuelle dans leur enfance. Cette méthodologie, crée par Ncazelo Ncube[4], est un voyage narratif qui honore le courage des survivantes. Ces ateliers, complémentaires d’un accompagnement thérapeutique, ne reviennent pas sur le récit traumatique. Bien au contraire, cette approche célèbre la résilience, les récits de résistances et de justice sociale par rapport au fléau de la violence. ​​Elle vous invite à regarder ce que vous avez construit malgré l'adversité. Ce voyage offre la possibilité de cheminer afin de se reconnecter à son identité de femme puissante et courageuse qui a limité les effets de la violence dans sa vie.

 

Afin d’en expliquer les modalités et méthodologie, je lance un webinaire gratuit ce vendredi 30 octobre 2026 de 17 h 30 à 18 h 30. Ce sera l’occasion de lancer cette initiative et de répondre à toutes vos questions.

 

Lien pour inscription au webinaire ateliers COURRAGE gratuit :

 

 

Si vous souhaitez vous inscrire ou en savoir plus, écrivez-moi directement à l’adresse suivante : fabiola.ortiz@ithacoach.eu



 


[1] Guérir le stress, l'anxiété, la dépression sans médicaments, ni psychanalyse – David Servan Schreiber – Éditions Robert Laffont 2003

[2] Des livres remarquables ont été écrits en ce sens par Bessel Van der Kolk et Peter Levine, par exemple.

[3] Guérir de l’abus sexuel et revivre – Techniques centrées sur la solution et hypnose ericksonienne pour le traitement des adultes – Yvonne M. Dolan. Éditions Satas.

[4] Co-créatrice de la méthodologie de l’Arbre de Vie en collaboration avec David Denborough.


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